Novembre 2016. Marrakech. En marge de la COP22, le président Denis Sassou Nguesso lance une idée ambitieuse devant ses pairs africains : créer un fonds pour protéger le Bassin du Congo. Une vision. Pas encore une réalité.
Le 26 mai 2026, à Brazzaville, cette vision devient de l’argent.
Mais entre ces deux dates, dix ans se sont écoulés. Dix ans de travail acharné, de sommets, de textes, de voyages, de négociations. Pourquoi si long ? Parce qu’on ne crée pas un fonds international à la légère. Il faut des règles. Des organes. Des textes juridiques que personne ne peut contester. Il faut convaincre seize pays de parler d’une même voix. Il faut faire admettre aux bailleurs internationaux qu’une initiative africaine peut respecter leurs standards.
Le président Sassou Nguesso a porté ce combat politiquement, sommet après sommet, capitale après capitale. Mais pour transformer une vision en réalité institutionnelle, il lui fallait une exécutante de terrain. Ce sera Arlette Soudan-Nonault, sa ministre de l’Environnement.
Coordonnatrice Technique de la Commission Climat du Bassin du Congo depuis août 2017, elle est devenue le moteur permanent de cette machine. Des tournées dans les pays membres, des séances de travail avec les gouvernements, les institutions, les partenaires diplomatiques elle a fait tout ça, sans relâche, pendant des années. Dans chaque capitale, elle a épluché les dossiers; cadre juridique, fonctionnement des organes, mobilisation des financements. Pas de discours. Du concret.
Le résultat, c’est ce qui a été validé à Nairobi le 12 mai dernier. Les règlements intérieurs de tous les organes de gouvernance du Fonds ont été adoptés. Une position commune des États membres face aux bailleurs a été arrêtée. Six organes opérationnels : Comité exécutif, Conseil d’administration, Comité d’investissement, Comité technique, Secrétariat Permanent, Assemblée des financeurs. L’édifice juridique est complet. Inattaquable.
Maintenant, le Bassin du Congo peut parler aux financeurs avec autorité.
Ce qu’on met sur la table le 26 mai
63 projets prioritaires. Présentés par la BDEAC. Identifiés et validés par les États eux-mêmes. Le Fonds vise à terme un financement global supérieur à 10 milliards de dollars. Des projets d’énergie propre, de gestion durable des forêts, d’agriculture bas carbone, d’eau. Des projets qui permettent aux populations de vivre mieux sans détruire ce qui nous fait tous respirer.
Le Bassin du Congo abrite 10% de la biodiversité mondiale. C’est le deuxième réservoir de carbone de la planète après l’Amazonie. Pendant des décennies, les pays riverains ont préservé ce trésor mondial seuls, sans compensation. Ce temps est révolu.
Pourquoi cette rencontre est historique
À Brazzaville le 26 mai, plusieurs chefs d’État, des partenaires techniques et financiers, des investisseurs publics et privés seront autour de la même table. Sidi Ould Tah, président de la BAD, sera présent. William Ruto, Évariste Ndayishimiye et plusieurs autres chefs d’État.
Ce n’est pas une réunion de plus. C’est le moment où l’Afrique présente sa facture climatique au monde et dit : nous avons bâti quelque chose de solide. Maintenant, financez-le.
Dix ans de travail mènent à ces quelques heures à Kintélé. Le président Sassou Nguesso avait une vision. Le Congo a tenu sa promesse. Le monde a rendez-vous.
Que la République soit !
BFN
